Les Sulfites et la POLYPOSE NASALE

Le 11 juin 2011, les sulfites ont été classés parmi les 12 substances allergènes majeures par les autorités médicales américaines et européennes. -anses.fr

Enfin, les autorités sanitaires se réveillent à propos des Sulfites ! Pour ce qui me concerne, les problèmes ont commencé il y a plus de 25 ans déjà et bien avant le déclenchement de ma polypose. J’avais fréquemment des brulures d’estomac, surtout en buvant du mauvais vin blanc, mais aussi des troubles digestifs inexpliqués malgré de nombreuses analyses médicales. Mais bien sûr, à cette époque, je n’en avais aucune idée de ce qu’étaient les sulfites. Ce sont mes années de recherche à propos des sulfites dans le contexte de ma polypose qui m’ont aidé à comprendre les symptômes du passé.

Le célèbre professeur qui m’a opéré en 1998 et qui était un bon vivant m’avait conseillé d’éviter les vins, l’aspirine et la moutarde, mais sans m’en dire beaucoup plus et surtout sans mentionner que ces aliments contenaient des sulfites.

Comme vous allez le voir, les sulfites sont un sujet assez compliqué, mais indispensable à adresser si vous souffrez comme moi de polypes nasaux et que vous vous reconnaissez en plus dans quelques-unes des autres manifestations provoquées par les sulfites. Je pense que ce qui suit devrait vous donner une bonne vue d’ensemble du problème.

Voilà 10 ans que je me bats soit disant contre une pseudo-allergie non identifiée associée à une polypose, sinusite chronique aggravée par une déviation de la cloison nasale et une éperon. Une grosse crise depuis l’été m’avait épuisé lorsque désespérée, mon médecin me met mi-octobre sous Solupred pendant une semaine. C’est pendant cette période qu’après beaucoup de recherches sur internet, je tombe sur votre site. Je commence alors le régime d’éviction des sulfites. Un mois après je vais bien, plus d’antihistaminique, lavage de nez 2 fois par jour avec 2 fois par jour des gouttes de Rinoclénil, plus de maux de tête; tous les jours, je prie pour que cela dure. Ah, j’oubliais, j’ai retrouvé l’odorat, quel bonheur ! Merci infiniment pour tout ce travail, vos recherches sur les sulfites dans l’alimentation sont précieuses.
Florence
reussir vigne

Les informations disponibles sur les sulfites sont de plus en plus nombreuses, et parfois de plus en plus difficiles à comprendre, mais les nombreux témoignages de patients nous permettent de dresser une liste des problèmes auxquels ils sont associés. Les réactions les plus fréquentes :

  • Maux de tête et migraine.
  • Difficultés respiratoires et crises d’asthme.
  • Rhinites et Congestion nasale, polypose nasale.
  • Crampes, Fatigue chronique et fibromyalgie.
  • Troubles digestifs, diarrhées soudaines.
  • Problèmes de peau, exéma, irritations.

Au-delà des troubles communément associés aux sulfites, il existe des témoignages de problèmes plus rares et souvent plus exceptionnels dans leurs manifestations. Je vous mentionne ces problèmes afin d’être complet, mais je vous invite à être prudent dans leur interprétation.

  • Troubles du rythme cardiaque, Tachycardie.
  • Photosensibilité.

Les sulfites, un sujet complexe.

L’un des grandes difficultés à propos des Sulfites est que leurs effets ne provoquent généralement pas une véritable allergie, mais plutôt une intolérance.

L’allergie est une réaction du système immunitaire suite à l’ingestion d’un aliment ou un des composants présents dans l’aliment appelé allergène. Dès qu’il arrive dans notre corps, le système immunitaire réagit, libère des anticorps qui se lient aux antigènes et les désactivent. Dans la plupart des cas, les réactions allergiques sont modérées, mais chez certaines personnes, elles peuvent être fatales en engendrant un choc anaphylactique (réaction violente à l’allergie).

L’intolérance faite appel à d’autres mécanismes et n’implique pas le système immunitaire. Elle est souvent due à un déficit d’un enzyme précis, tel que la lactase pour l’intolérance au lactose, à un problème dans la chaine de réaction de cet enzyme comme l’absence d’un cofacteur. Les symptômes sont proches de ceux rencontrés lors d’allergies alimentaires, mais des effets de seuil, d’accumulation, d’effet retard jusqu’à 24 heures dans le cas des sulfites, vont rendre le diagnostic encore plus difficile que dans le cas d’une allergie. Mon avis à la suite de mes consultations d’allergologie est que les médecins comprennent beaucoup moins bien les intolérances que les allergies.

Une autre grande difficulté est que les sulfites peuvent être cachés et non déclarés dans notre alimentation. En effet, ils ne sont pas que des additifs alimentaires, mais aussi des agents technologiques,  c’est-à-dire utilisés pendants la fabrication, et à ce titre être présent sans pour autant être mentionnés sur l’étiquette.

Dans le cas de leur utilisation en tant qu’additifs alimentaires, ils doivent selon la loi être déclarés sur l’étiquette à partir du moment ou leur concentration dépasse 10 mg par Kg où par Litre. Mais voilà, les sulfites sont si actifs, pratiques et polyvalents qu’ils sont utilisés très largement dans l’industrie alimentaire. Ils le sont aussi dans l’industrie cosmétique et l’industrie pharmaceutique. Les professionnels de l’industrie agroalimentaire notent que la concentration peut atteindre 5000 ppm sans qu’il n’y ait apparition de mauvais goût. Pour les personnes sensibles aux sulfites que nous sommes, nous remarquerons que nous pouvons ressentir des effets néfastes sur notre santé à moins de 10 ppm, c’est-à-dire 500 fois moins !

Les sulfites sont aussi utilisés dans des aliments frais comme les fruits et légumes, ou les poissons et les crustacés, dont les producteurs sont de multiples petites entreprises et ou les intervenants tout au long de la chaine sont tout autant nombreux que difficiles à contrôler. La Communauté européenne et les instances qui s’occupent de la sécurité alimentaire publient des rapports sur les alertes détectées par le dispositif RASFF : The Rapid Alert System for Food and Feed. En 2008, ce sont 40% des alertes qui ont concerné les sulfites pour des utilisations non autorisées ou des surdosages !!!

Dans le cas de leur utilisation en tant qu’auxiliaire technologique, la réglementation est semble-t-il plus flou. Ils ne sont ni considérés comme des ingrédients ni comme des additifs car ils ne sont pas actifs dans le produit final. Le syndicat des fabricants de ces produits nous les décrivent de la façon suivante :

Ils sont utilisés en quantité nécessaire et suffisante pour permettre, faciliter ou optimiser une étape de la fabrication d’un aliment. Contrairement aux additifs alimentaires, les auxiliaires technologiques n’ont plus d’effet dans le produit fini. Cependant, il peut subsister des résidus techniquement inévitables, qui ne doivent pas avoir d’effet technologique sur le produit fini et ne présenter aucun risque sanitaire.

C’est pour cette raison que nous pouvons retrouver des sulfites non déclarés dans des aliments qui contiennent des colorants caramel, de la gélatine, de l’amidon, de la maltodextrine, ou des sucres comme les sirops de sucre, de la mélasses, du sirop de glucose, du sucre blanc de plantation ou d’usine, le dextrose, du fructose, de la cassonade, ou encore du sucre de canne brut.

Dans le cas des sucres, ils peuvent contenir largement plus de 10 mg/kg selon la réglementation sur les auxiliaires technologiques, mais sans que leur présence soit mentionnée sur l’étiquette, car ils ne sont pas dans ce cas des additifs.

Bref, vous devez commencer à comprendre pourquoi ce sujet est plutôt compliqué !

Et comment tester sa sensibilité aux sulfites ?

Je reviens alors sur les consultations avec mon Allergologue en me disant que ce monsieur, avec toutes ses années d’études, était complètement largué sur le sujet. La seule chose qu’il a pu me recommander, c’est d’aller consulter le site internet du Cercle d’Investigations Cliniques et Biologiques en Allergologie Alimentaire. C’est là me dit-il que les allergologues mettent à disposition leurs recommandations. Quelle déception ! Leurs publications sur le sujet des sulfites sont bien légères, passent sous silence une réalité de l’industrie agroalimentaire qui doit complètement leur échapper, et ne me donne surtout pas un outil pratique pour faire un régime d’éviction des sulfites. Ce qui est publié là doit peut-être utile aux personnes qui réagissent aux fortes doses de sulfites, mais est complément insuffisant pour des gens qui réagissent à des doses plus faibles.

Et ce n’est pas le seul terrain d’ignorance des médecins, l’autre étant celui des tests d’allergie aux sulfites. Bien candidement, je m’étais dit qu’il était sage de vouloir tester médicalement ma sensibilité aux sulfites, mais voilà, sur près de 10 ans et dans 3 villes différentes, tous les médecins Généralistes, Orl et Allergologues que je rencontrais étaient catégoriques : il n’y a pas de test pour les sulfites !

En réalité, il est possible de faire des tests : « Ce que vous voulez faire est assez pointu, je vous recommande de contacter le service de Pneumologie du CHU d’Angers, ce sont des spécialistes ». C’est la surprise que j’ai après 10 années de demandes, l’allergologue de la petite ville où je viens de m’installer est la première à me répondre qu’il est possible de se faire tester ! Ni une ni deux, je prends rendez-vous au service de pneumologie du CHU dans l’unité d’allergologie générale.

Le premier rendez-vous sera consacré à des tests très classiques dans le cas des allergies : on me gratte la peau et l’on dépose des substances potentiellement allergènes, dont des sulfites. Ma réaction cutanée aux sulfites est légère, mais après discussion sur mon problème de polypose et mon historique avec les aliments fortement chargés en sulfites, l’allergologue décide de poursuivre les investigations.

Lors du deuxième rendez-vous, je suis ce qui s’appelle un test de ” provocation aux sulfites, avec surveillance pyrométrique, rhino manométrique et endoscopique “. J’absorbe une dose de plus en plus élevée de méta bisulfites toutes  les 30 minutes, jusqu’à une dose totale de 200 mg. Cette dose peut correspondre en ordre de grandeur à ce que vous pouvez trouver dans une bouteille de vin. Entre chaque dose, une caméra endoscopique surveille ma muqueuse nasale, ma capacité pulmonaire est testée pour voir une éventuelle réaction des bronches, et la pression artérielle et mon rythme cardiaque sont mesurés pour voir si je ne fais pas un choc allergique.

Le résultat de ce protocole est que je suis faiblement réactif aux sulfites ! Je n’ai effectivement pas eu de réactions violentes lors des 2 heures qu’ont duré le test. Mais, le lendemain matin, je me lève avec une terrible migraine et le nez complètement pris. Ma conclusion personnelle ? Ce test a mis en évidence que je ne suis pas Allergique aux sulfites, mais je considère sur mon état après 24 heures et tous les symptômes que j’ai pu ressentir dans ma vie que je suis bien Intolérant aux sulfites.

Les Sulfites sont partout

Mes recherches me font mettre la main sur la bible de l’industrie agroalimentaire : le codex alimentarius et en particulier la « Norme générale Codex pour les additifs alimentaires » (NGAA, Codex STAN 192-1995).

Je ne vous recommande pas de document en roman de vacances, c’est plutôt indigeste. Il liste en 250 pages tous les additifs alimentaires autorisés dans chaque catégorie d’aliments. Vous trouverez à la page 177 la liste de 60 catégories d’aliments qui peuvent contenir des sulfites, avec les concentrations maximales autorisées. Voilà une bonne base pour commencer à lire les étiquettes des aliments, et aussi identifier à posteriori si des aliments qui vous ont incommodé sont susceptibles d’en contenir. Mais ce document reste aussi relativement théorique quand il s’agit de commencer concrètement un régime d’éviction et commencer par éliminer les plus grosses sources de sulfites, c’est-à-dire des aliments que nous mangeons en quantités importantes et dont la concentration en sulfites peut être significative.

C’est alors que j’ai mis la main sur un document en français de nos amis du Canada. On peut dire qu’ils ont fait un bien meilleur travail que leurs homologues français. C’est le « Régime alimentaire à teneur réduite en sulfites par les diététistes du Canada ».

En quelques pages, ils nous informent sur ce que sont les sulfites, les problèmes qu’ils posent, les aliments à privilégier et ceux à supprimer. Ce document est à mon avis le meilleur pour commencer un régime d’éviction.

Le journal l’Express nous en parlait en aout 2012 avec un article intitulé « Un million d’amateurs de vin en surdose de sulfites”. Dans cet article, nous pouvions lire que « Les statistiques établies par l’INSEE pointent que, parmi les 40 millions de Français consommant de l’alcool régulièrement, plus d’un million de Français est aujourd’hui en surdose de sulfite à cause de son penchant pour les bons crus. Ces derniers représentent, en effet, environ 70%  de nos apports journaliers en sulfites.“

Les vins conventionnels, bio, ou biodynamiques, et même ceux “sans sulfites ajoutés” contiennent encore trop de sulfites pour nous qui y sommes sensibles. Ces vins que vous trouvez dans votre supermarché ou chez votre caviste de réseau sont tous de cette catégorie.

Pour ces vins, un verre de 18 cl contient fréquemment 10 mg de sulfites dans le meilleur des cas, et jusqu’à 80 mg dans le pire des cas. Rappelons-nous que la DJA (dose journalière admissible) pour des personnes normales est de 50 mg de sulfites par jour. À un seul verre de vin à 10 mg par jour, nous sommes dans une zone qui nous pose déjà des problèmes. Le vin n’est pas la seule source de sulfites possibles au cours de la journée.

Dans les Médicaments

Mais comment des médicaments qui sont censés vous guérir peuvent en fait vous faire du mal ? Je ne suis pas le seul polypeux à avoir par exemple eu des problèmes avec un corticoïde oro-dispersible appelé Solupred de son nom commercial mais surtout contenant la Prednisolone (nom de la substance active), et fréquemment substitué par le pharmacien. Après une semaine de traitement corticoïde et antibiotique qui est censé vous remettre un cheval sur pied, et bien je suis encore plus mal en point.

Je découvrirais en fait que ce médicament, pour sa version générique Prednisolone, fait partie de cette liste de 200 médicaments vendus en France qui contiennent des sulfites. Encore une pierre de plus pour comprendre mon problème d’intolérance aux sulfites. Cette liste a longtemps été disponible publiquement sur internet, mais sans préciser la dose de sulfite dans chaque médicament, probablement un secret de fabrication …

Malheureusement, cette liste n’est plus disponible sur internet sans que j’en connaisse les raisons. Grâce à des relations personnelle,  j’ai pu réunir à nouveau cette liste de plus de 200 médicaments actuellement commercialisés en France et qui contiennent des sulfites. Vous la trouverez en annexe à la fin du livre. Elle vous est fournie à titre d’information. Les médicaments et leurs compositions changent régulièrement. Consultez obligatoirement votre médecin et votre pharmacien pour vérification.

Je vous recommande donc de vérifier que les médicaments qui vous sont prescrits ne sont pas dans cette liste. Si c’est le cas, parlez-en avec votre médecin et/ou votre pharmacien pour trouver un autre médicament qui contiendra la même molécule active, mais sans les sulfites.

Soyez également vigilant chez votre dentiste pour tout ce qui concerne les anesthésiques, et encore plus si vous devez subir une intervention sous anesthésie locale ou générale à l’hôpital ou dans une clinique, car il est fréquent qu’ils en contiennent.

 

En résumé et pour agir

 

  • Rappelez-vous de tous vos petits symptômes inexpliqués, sont-ils dans la liste des manifestations possibles des sulfites ?
  • Faites bien la différence entre une grosse dose de sulfites (une bouteille de vin blanc par exemple) qui vous donne un gros mal de tête, et des doses plus faibles qui ne provoquent pas forcement d’effets notables à court terme.
  • Comprenez bien que les sulfites sont souvent cachés. Vous ressentez des effets, mais ils ne sont pas sur l’étiquette ? Menez quand même votre enquête !
  • Vous avez des doutes ? Faites un test d’éviction TOTALE pendant 3 mois. Puis ressayer des aliments chargés en sulfites et notez comment vous vous sentez. Ou bien demander à votre médecin un test en milieu médical.
  • Pour débuter un régime d’éviction et éliminer les plus grosses sources de sulfites, suivez les recommandations de nos amis canadiens. C’est la plus simple, pratique et complète.
  • Soyez également vigilant avec les médicaments, consultez votre pharmacien au moindre doute.

Pour se Soigner de la Polypose Nasale

Avec des méthodes naturelles

Retrouver une Respiration et un sommeil de qualité

Dire au revoir aux sinusites et migraines

Profiter à nouveau du goût des aliments

Récuperer votre énergie et votre moral

12 clés pour vaincre la polypose nasale ombré